mer 13 juin 2007

Qui veut gagner des millions au poker ?

13 06 2007

Du poker à la télé française ? Sauf dans les westerns où les cow-boys tapent le carton au saloon et les films de gangsters où les mafiosi fument de gros cigares, on n’avait jamais vu... Jusqu’en février 2005. A cette date, Canal Plus décide de retransmettre le World Poker Tour, des parties où s’affrontent dans le monde entier des joueurs professionnels. L’homme à l’origine de ce coup de poker s’appelle... Patrick Bruel. En 2004, il achète les droits de retransmission de la compétition. Il fait la tournée des chaînes de télé françaises pour proposer son émission sportive car, pour Bruel, le poker n’est pas un simple jeu : « Je considère le poker comme un sport à part entière qui demande beaucoup d’entraînement, de sacrifices et d’apprentissage ». Tout le monde a les jetons, sauf Canal Plus qui dit banco. Bruel devient coproducteur de l’émission et en assure les commentaires. Il faut dire qu’il sait de quoi il parle. Joueur très expérimenté, il a en 1998 gagné l’un des trente tournois majeurs organisés aux Etats-Unis, exploit que seuls deux Français avaient réussi avant lui. Et Canal Plus ne regrette pas d’avoir misé sur lui. Les audiences flambent. Diffusé en général le vendredi soir, le World Poker Tour attire près de 450 000 abonnés ! Fort de ce succès Patrick Bruel a commercialisé « Poker Coach », un DVD où il prodigue ses conseils éclairés.

Un joker pour les télés Impressionnées par la réussite de Canal Plus, d’autres chaînes ont décidé de s’asseoir à la table de jeu. Eurosport et RTL9 diffusent régulièrement des tournois de poker. Quant à Paris Première, elle choisit de décliner le concept en version people. Elle invite des personnalités du show biz à se frotter à des pro, une sorte de « poker célébrités ». L’émission s’appelle le Tournoi des as. En 2006, c’est Enrico Macias qui a gagné. Cette année, en finale, présentée par Estelle Denis (la compagne de Raymond Domenech, sélectionneur de France de football), on retrouvait l’humoriste Bruno Salomon, Omar (le comparse de Fred sur Canal Plus), Laurent Baffie ou encore l’animatrice Virginie Efira. Mais ils ont été battus par un pro, Ian Boubli, un ancien dentiste qui préfère le poker à la roulette. Selon les responsables de Paris Première, le poker double le taux d’audience. Direct 8, une chaîne de la TNT qui appartient au groupe Bolloré, a décidé de tenter sa chance. Depuis janvier elle propose « Direct Poker », une compétition qui met aux prises des joueurs amateurs sélectionnés via Internet, avec à la clé un gain de 25 000 e. Elle est présentée par Patrice Laffont, qui après des « Chiffres et des lettres » se recycle sur tapis vert.

ientôt au casino Touché par la pokermania, le géant TF1 a également décidé de jouer sa carte. Un projet a été conçu en partenariat avec le casinotier Partouche. Les règles en sont simples : des tournois, ouverts à 4 800 joueurs amateurs, sont organisés dans huit casinos du groupe Partouche. Les meilleurs se retrouvent pour une finale disputée au Palm Beach à Cannes et retransmise sur TF1 à une heure de grande audience, avec des commentaires assurés par Benjamin Castaldi. Mais, pour l’instant, l’opération est suspendue à un décret d’application : bien que des expériences aient été faites à Aix-en-Provence ou à Deauville, les parties de poker ne sont toujours pas officiellement autorisées dans les casinos. Du côté de TF1 et Partouche, on attend donc que l’Etat donne son agrément. Car, attention, le poker étant un jeu d’argent, jouer sans autorisation peut coûter cher. Le 7 décembre dernier à Toulouse, des policiers de la sous-direction des courses et jeux des Renseignements généraux ont fait une descente dans un club de bridge qui abritait des parties de poker. Si les 110 joueurs ont été laissés en liberté, en revanche les trois responsables ont été écroués et mis en examen pour « tenue d’une maison de jeux de hasard » et « blanchiment d’argent ».

Tournois ouverts aux amateurs Pourquoi le poker fait-il soudain rêver et scotche devant leur écran des millions de téléspectateurs ? Parce que les sommes brassées sur le tapis vert sont impressionnantes. Imaginez : à Las Vegas, le vainqueur du dernier World Series of Poker, un vrai championnat du monde, a empoché la bagatelle de 12 millions de dollars, alors que, par exemple, le vainqueur du tournoi de tennis de Roland-Garros reçoit un chèque d’un million d’euros ! Cela étant, les frais d’inscription de 10 000 $ ont de quoi faire réfléchir ! Mais, pour M. Tout-le-monde, le rêve reste à portée de main, grâce à Internet. De nombreux sites consacrés au poker organisent des compétitions, et le vainqueur se voit offrir une invitation pour participer à des tournois fréquentés par les pro. Parfois le miracle se produit. En 2004, sélectionné via Internet pour 40 $, un certain Chris Moneymaker, comptable le jour et serveur de restaurant le soir, a remporté un tournoi à Las Vegas et empoché 2,5 millions de dollars ! A Monaco, l’an dernier, c’est un jeune Américain de 19 ans, également sélectionné sur Internet, qui a décroché un gros lot de 900 000 e. Pour Bruel, dans un entretien au « Parisien », c’est toute la magie du poker : « C’est quelque chose qui ne peut pas arriver dans le tennis ou le golf. Ce jeu peut vraiment changer une vie ». Ceci explique aussi la complicité qui existe entre les chaînes et les sites Internet : les joueurs sont alléchés par les retransmissions télévisées et se précipitent ensuite sur les sites Internet pour tenter leur chance, avant de revenir à leur poste pour étudier comment jouent les pro. Un cercle (de jeux) un peu vicieux.

400 sites pour rafler la mise Sur Internet, c’est la folie. Près de 400 sites payants proposent de jouer et éventuellement de gagner au Poker, brassant un chiffre d’affaires évalué à 25 milliards d’euros. Or en France, seuls la Française des Jeux et le PMU sont autorisés à exploiter des jeux d’argent sur le Web. Mais comme ces 400 sites sont basés à l’étranger, ils échappent à la loi française. Une seule chose leur reste interdite : la publicité faite en France, via des annonces dans les journaux ou par le relais de personnalités françaises. Patrick Bruel est bien placé pour le savoir. Jusqu’en décembre 2006, il prêtait son image à un site payant anglais, Winamax. Il a alors été entendu par la police qui l’a questionné sur son rôle exact au sein de cette société. Depuis, toute référence à Bruel a disparu sur Winamax et le chanteur a créé son propre site, Wam-poker.com. Bien que les initiales WAM fassent penser à Win A Max (gagner un max, en anglais), ce site est totalement légal, car il est gratuit et ne propose que des conseils.

Les règles du Texas Hold’em Le Poker, qui se joue avec 52 cartes, propose de nombreuses variantes. La version qui fait actuellement fureur s’appelle le « Texas Hold’em ». En voici les règles essentielles.

1. Chaque joueur reçoit deux cartes, cartes secrètes dont il est seul à connaître la valeur.
2. Le Flop : trois cartes communes à tous les joueurs sont étalées sur le tapis.
3. Le Turn : une quatrième carte est retournée.
4. La River, une cinquième carte est révélée.
5. Au final, chaque joueur a 2 cartes privées et 5 cartes communes. Avec ces sept cartes disponibles, il s’agit de former la meilleure combinaison possible de 5 cartes. Bien évidemment à chaque stade de la partie, il y a un tour d’enchères, où le joueur peut miser, relancer (il double la mise et contraint ses adversaires à le suivre) ou se coucher (il abandonne la partie).

Les combinaisons gagnantes
(de la plus faible à la plus forte)


-  la paire : deux cartes de même valeur
-  deux paires : par exemple 2 as et 2 rois
-  le brelan : trois cartes de même valeur
-  la quinte ou suite : cinq cartes qui se suivent, quelle que soit leur couleur
-  la couleur : cinq cartes de la même couleur (5 trèfle, 5 cœur, 5 carreau ou 5 pique)
-  le full : un brelan plus une paire
-  le carré : quatre cartes de même valeur
-  la quinte flush : cinq cartes consécutives de la même couleur (trèfle, coeur, carreau ou pique)
-  la quinte flush royale : as, roi, dame, valet et dix de la même couleur (trèfle, cœur, carreau ou pique)

Un vrai coup de poker !
Partie imaginaire avec deux joueurs

1. Chaque joueur reçoit deux cartes personnelles, inconnues de son adversaire. Le joueur A hérite de deux trèfle (le dix et le roi) et le joueur B possède deux as (pique et carreau) en main. Les deux joueurs misent et poursuivent la partie.

2. Le Flop : trois cartes communes sont étalées sur le tapis : le 4 de cœur, l’as de cœur et le valet de trèfle. Pour B, c’est bien parti, il a maintenant une combinaison avec trois as, c’est-à-dire un brelan d’as. Il mise gros, mais A (qui à ce moment ne peut former aucune combinaison ) accepte de suivre : soit pour bluffer, soit parce qu’il a confiance en sa bonne étoile.

3. Le Turn : une quatrième carte est révélée : la dame de trèfle. Pour B, cela ne change rien, il a toujours un brelan d’as. Mais A reprend espoir : il a désormais 4 trèfle qui se suivent (Dix, Valet, Dame, Roi), il peut espérer une couleur ou une quinte flush. Personne ne se couche !

4. La River : cinquième et dernière carte, l’As de trèfle. B jubile, il a réalisé un carré d’As ! Mais grâce à cet as, A peut aligner dix, valet, dame, roi et as de trèfle, une quinte flush royale, la combinaison la plus forte. Grâce à ce coup de poker, c’est le joueur A qui gagne la partie, alors que durant les trois premières étapes il n’avait aucune anonce dans son jeu !

Source : réponse à tout !

 

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